La classe inversée

Il y a quelques jours, un cours différent des autres s’est déroulé à la fac de médecine de Brest. Avec l’aide du numérique, les étudiants ont exploré une paroi d’estomac comme s’ils étaient en exercice. C’est le principe de « la classe inversée ».

Matthieu Talagas, professeur d’histologie (tissus biologiques) est à l’initiative de ce nouveau type d’enseignement. C’est dans une salle de télé-enseignement du pôle numérique de Brest Bouguen que le professeur a donné son cours. Le tableau numérique est comme une tablette géante. On s’y déplace en sélectionnant les fonctions avec les doigts.

A la différence d’un cours classique, Matthieu Talagas est en face de ses élèves mais aussi côte à côte. Les étudiants ne se contentent plus de suivre ce que voit le professeur. Ils voient la même chose au même moment. Le changement est radical car l’exercice se rapproche d’une situation réelle à l’hôpital et pas comme un cours magistral. La lame de l’organe est numérisée et on retrouve sur le tableau numérique toutes les fonctionnalités d’un microscope.

Le cours n’innove pas seulement grâce à son matériel mais aussi par sa pédagogie nouvelle. C’est le principe de « la classe inversée ». Les étudiants étudient le cours au préalable chez eux et viennent ensuite l’appliquer concrètement en classe. Cette forme d’enseignement reste encore peu courante mais certains professeurs affirment déjà qu’elle représente l’avenir.

Les étudiants sont eux aussi conquis par cette nouvelle façon d’apprendre. Le cours est plus interactif et permet des échanges parfois plus intéressants et concrets que lors d’un cours magistral.

Le numérique représente-t-il l’avenir de l’enseignement universitaire ?

Photo : Ouest France

Comment apprend-on à écrire au 21ème siècle ?

Dans la chronique scientifique de la radio RTS, Silvio Dolzan est revenu sur l’apprentissage de l’écriture dans l’ère numérique actuelle.

Nous sommes tous passés par là dès notre plus jeune âge. Stylo à la main, nous avons chacun appris l’écriture cursive à l’école en apprenant notamment à reconnaître les lettres que nous écrivions. C’est cet apprentissage de l’écriture qui nous ouvre ensuite les portes de la lecture. Néanmoins, à l’ère du numérique, l’enfant devenu adulte délaisse son stylo pour le clavier. Clavier qu’il peut utiliser toute la journée voire toute sa vie selon les métiers. Jean-Luc Velay, chercheur CNRS en neurosciences cognitives à l’Université Aix-Marseille s’est donc interrogé sur de nouvelles méthodes possibles d’apprentissage via le numérique et sur leur efficacité en les comparant avec les méthodes traditionnelles.

D’après une étude menée pendant plusieurs semaines sur deux groupes d’enfants, la bonne vieille méthode d’apprentissage resterait la plus efficace. L’un des groupes apprenait des lettres par la méthode cursive alors que l’autre les apprenait grâce au clavier. Le résultat est sans appel. Les enfants ayant eu recours à l’écriture cursive ont beaucoup mieux assimilé les lettres qu’ils écrivaient que les enfants utilisant le clavier.

La même étude a ensuite été réalisée sur des adultes avec des caractères qu’ils ne connaissaient pas. Les résultats obtenus ont été les mêmes. La conclusion de ces expériences est que le fait d’apprendre à écrire les lettres à la main permet de créer une mémoire motrice qui se réactive tout au long de la vie de l’enfant puis de l’adulte dès qu’il doit apprendre un nouveau symbole ou caractère.

La méthode traditionnelle d’apprentissage de l’écriture cursive semble donc encore montrer son efficacité face aux nouvelles technologies.

Apprendre autrement grâce à l’innovation

Il y a quelques jours, le pôle de compétitivité des contenus et usages numériques Imaginove, a rassemblé à Lyon plusieurs start-up pour présenter de nouvelles manières d’apprendre.

La réalité virtuelle fut l’une des premières innovations à être abordée pendant cette conférence. Bien qu’elle existe depuis près de 30 ans en France, elle n’a jamais été si présente. UniVR Studio (Villeurbanne) a donc eu l’idée de l’inclure dans les formations professionnelles. Le public ne se contentera plus de lire une formation, il pourra la vivre en temps réel avec les personnes incluses dans la réalité virtuelle.

Dans la même optique, InTeach Training (Lyon 1er), a eu l’idée d’une application mobile qui propose des formations très courtes (de cinq à dix minutes) tous les jours. L’utilisateur peut progresser à son rythme et de manière linéaire grâce à la mise en pratique.

Les petits n’ont pas été oubliés et ont aussi le droit à leurs innovations. SBT Human(s) Matter (Lyon 2ème) a lancé une application éducative sous forme de pédagogie inversée. L’application « P’tits Profs » donne la possibilité aux enfants d’apprendre en endossant le rôle d’un maître ou d’une maîtresse.

Cabri Express (Fontaine/Isère) propose un remède à l’éternel problème des mathématiques. La start-up a mise au point un kit mathématiques « tout-en-un ». Les élèves peuvent jouer et comprendre en s’amusant en ayant recours à une calculatrice technique et graphique, un éditeur d’équations et à de la géométrie dynamique.

Pour ceux qui souhaiteraient se cultiver, Audiovisit (Caluire-et-Cuire) propose une application, ainsi qu’un audio et un visioguide qui donnent accès à plus de 600 œuvres. Pour l’apprentissage des langues, Switch Book (Lyon 3ème) a mis au point une application qui permet de lire des romans bilingues et de switcher rapidement d’une langue à l’autre en français, anglais, allemand, espagnol, portugais…

Le pôle de compétitivité Imaginove a donc permis à tous ces acteurs de se rencontrer et d’échanger le temps d’une journée.

Les maternelles d’Allonnes, un exemple national ?

Une première en France

Le projet pédagogique développé pour accompagner les équipements numériques des maternelles menés en collaboration avec l’Éducation nationale pourrait servir d’exemple. En attendant d’être déployé en France, zoom sur l’école  maternelle d’ Allonnes …

Il s’agit de séances de travail qui favorisent la relation entre l’oral et l’écrit, via la reconnaissance et la synthèse vocale : « Je vois ce que je dis, donc je comprends que l’écrit code de l’oral ».
Le projet pédagogique innovant développé dans l’école maternelle d’Allonnes, en partenariat avec l’Éducation nationale, a séduit l’inspection nationale. « Je suis en mesure de vous informer que l’expérimentation des usages du numérique menée dans les écoles des REP d’Allonnes a particulièrement intéressé l’Inspection générale et constitue une première en France », a déclaré Éric Fleurat, lors de sa visite.
L’inspecteur a validé la poursuite de ce dispositif. « Afin de développer une pédagogie originale pour faire progresser dans des proportions sensibles, la réussite des élèves dans le domaine du français », a rappelé Éric Fleurat.

(source : Ouest France)

Grâce aux moyens numériques investis dans les écoles, ainsi qu’au travail des enseignants, le projet pédagogique menée à ‘école maternelle d’Allonnes pourrait être reproduit au niveau national. | Tatyana Tomsickova

 

 

 

Quand la réalité virtuelle augmente l’enseignement

L’ Oculus Rift et les Google Cardboard débarquent en France. De la visite virtuelle d’un campus à de nouvelles pratiques pédagogiques, lycées, grandes écoles et universités commencent à tester les possibilités offertes par ces outils innovants. Tour d’horizon des précurseurs français prêts à surfer sur la vague de la 3D immersive et de la réalité augmentée.

Des vidéos qui s’animent sur les pages, emmenant le lecteur au cœur d’un tournoi de rugby ou au Japon ; des personnages en 3D qui surgissent du papier… Thibault Portigliatti, élève de deuxième année à l’Ensta ParisTech, a conçu l’édition 2014 de la plaquette des élèves de l’Ensta Paris Tech en y introduisant, pour la première fois, des éléments de réalité augmentée. Cette technologie issue des jeux vidéo permet, grâce à une tablette ou des lunettes, d’ajouter des informations virtuelles et numériques au réel. « La plaquette alpha de l’école, conçue avec la direction du développement et de la communication de l’Ensta, est envoyée aux admissibles du concours Mines-Ponts, explique Thibault Portigliatti. Il faut qu’elle soit le plus attirante possible, car beaucoup choisissent leur école à partir de ces plaquettes. »

En trois mois, Thibault Portigliatti a conçu l’application pour smartphone qui permet de lire ces extensions virtuelles. « Les développements de réalité augmentée sont assez proches à réaliser de ceux d’un film d’animation. Il faut écrire un scénario, concevoir les modèles statiques des personnages, puis les mettre en mouvement. Enfin, on les intègre à la vie de l’utilisateur réel. » L’application accompagnant la plaquette des élèves de l’Ensta 2014 a été téléchargée 505 fois, sur Androïd ou iOS, et la version papier envoyée à 2.374 admissibles du concours. « Ceux qui ont réussi à faire fonctionner l’application ont été impressionnés », se réjouit Thibault Portigliatti.

 » La réalité virtuelle permet d’explorer de nouvelles façons d’apprendre, et de travailler sur la mémoire kinesthésique.  »
(T. Lopez)

 

Jamais sans mon Oculus Rift !

Benjamin Rethmel, responsable des admissions internationales à Audencia Nantes, ne se déplace plus sans son Oculus Rift. Encore, en version beta ce casque de réalité virtuelle est distribué à certains professionnels dans le cadre de kits de devéloppement. Il permet à Audencia de faire voyager les étudiants, qui arpentent les salons internationaux à des milliers de kilomètres, jusque sur le campus nantais, grâce à la 3D immersive. « Les étudiants à l’autre bout du monde veulent absolument visiter l’école avant de se décider, mais ils ne peuvent pas toujours se déplacer. Avec l’Oculus Rift, il leur suffit de tourner la tête pour se déplacer dans la ville et l’école », explique Benjamin Rethmel.

Cette visite immersive a été conçue par la société américaine YouVisit. L’attrait de la nouveauté marche à plein. « Certains étudiants viennent sur notre stand attirés par cette technologie, et finissent par poser des questions sur les programmes aussi », constate Benjamin Rethmel.

Un autre casque de réalité virtuelle, beaucoup moins coûteux, pourrait rejoindre l’Oculus Rift dans la valise de Benjamin Rethmel : le Google Cardboard. Ce casque en carton, à fabriquer soi-même, dans lequel on glisse son smartphone, permettra sous peu à tout un chacun de faire une visite du campus. « Nous en commanderons de grandes quantités pour les distribuer à nos partenaires et futurs étudiants, afin qu’ils les emportent et partagent leur expérience avec d’autres. »

 » Certains jeunes ont besoin de pratique pour appréhender les concepts ou les ordres de grandeur, et la réalité virtuelle va les aider.
(D. Dréau) « 

Source : Géraldine Dauvergne

Ils font leurs devoirs au collège, et alors ?

A  la limite, pourquoi proposer ce reportage sur mon blog ? La méthode est connue et déjà bien répandue. Ce qui est intéressant, en fait c’est la gestion qui en fait par Erquy : étude menée sur la base du volontariat, de l’engagement et cohésion des parents autour de ce projet pour organiser des co voiturages. C’ets pourquoi je vous le propose.

Plus d’un quart des élèves du collège Thalassa, à Erquy (Côtes-d’Armor), ont opté pour cette méthode de travail. Ils révisent avant de rentrer à la maison, grâce à l’un des nouveaux dispositifs de la rentrée.

Le collège Thalassa d’Erquy, où sont scolarisés 156 élèves, a choisi de mettre en place, dès le mois d’octobre, le dispositif « devoirs faits ». L’une des mesures phares de cette rentrée scolaire.

« L’objectif est de proposer aux élèves des études dirigées après la classe, trois fois par semaine, sur la base du volontariat. Le but est de réduire les inégalités entre les enfants qui peuvent avoir de l’aide à la maison et ceux qui n’en ont pas », explique la principale, Carole Gesrel.

« Cette mesure doit profiter à tous, appuie la principale. Il s’agit aussi de ne plus empoisonner la vie de famille avec le suivi des devoirs. »

Du covoiturage

Ce dispositif concerne tous les niveaux de classe. Chaque élève peut s’inscrire pour une ou plusieurs soirées. Depuis lundi 9 octobre, ils sont douze à s’être inscrits le lundi soir, 17 le mardi et 15 le jeudi, tous niveaux confondus.
Les collégiens peuvent également travailler à partir d’outils numériques.
« L’opération n’est pas obligatoire mais les élèves inscrits s’engagent pour la première période, qui va jusqu’à Noël. » Seul frein à ce dispositif : 70 % des élèves empruntent les transports scolaires. Certains parents se sont toutefois organisés et ont mis en place du covoiturage.

Le lieu de rencontre est le centre de documentation et d’information (CDI) du collège, où les élèves disposent de tous les outils pédagogiques nécessaires, les ressources documentaires, y compris numériques si cela s’avère nécessaire.

Afin de leur offrir l’aide la mieux appropriée, l’établissement a fait appel à plusieurs professeurs de l’équipe pédagogique et à un professeur de lettres bénévole, toute jeune retraitée, Mme Pouliquen.

 

Le projet Perche Digital Senior

500 personnes âgées, trois ans

Porté par l’établissement scolaire nogentais « lycée Nermont », en partenariat avec le Pôle d’équilibre territorial du Perche et le Conseil départemental, ce projet d’inclusion numérique dispensé par des lycéens bénévoles propose une pédagogie aux usages numériques et une formation à 500 personnes âgées.
« Un projet innovant qui replace les besoins des seniors au centre de la question numérique, explique Xavier Marin, directeur du lycée Nermont qui possède également une antenne à Châteaudun. C’est un projet intergénérationnel où jeunes et seniors avancent ensemble vers la découverte du numérique ».

Senior 2.0

En tout, il y aura quarante groupes de 12 à 13 personnes pendant trois ans. Un initiateur sera présent ainsi que quatre élèves dans chaque commune. Objets connectés et e-santé, mon monde numérique ou passeurs d’usages, autant de thèmes développés dans les initiations.

L’un des seniors participant à l’opération se dit satisfait par le projet. « A 80 ans, c’est un grand bond en avant que je fais. Avec ma femme, nous partons de zéro. Nous ne regrettons simplement de ne pas avoir commencé plus tôt ». Seniors 2.0 alors ? « De là à dire que je vais faire ma déclaration fiscale sur Internet, c’est un grand mot ».

 

 

Survie on mars : la classe inversée en mission sur Mars

« C’est un projet qui a plus d’un an et qui a démarré au CLIC 2016 grâce à l’inspiration de Sébastien Franc et son jeu « Flanders Lane » qui consiste à réaliser une ville virtuelle dans laquelle les élèves doivent interagir« , explique Grégory.

Mélanie et Grégory ont donc adapté ce contexte-là avec un niveau scientifique et une action qui se déroule entièrement sur la planète Mars.Ces trois enseignants pratiquent la « classe inversée » et sont membres de l’association Inversons la classe !
Découvrez cette fantastique expérience de nouvelle pédagogie en classe dans la vidéo ci-contre.

Plus d’infos :
la page Facebook : www.facebook.com/SurviveonMars
Le compte Twitter : twitter.com/survive_on_mars

 

Les réseaux sociaux sont en train de mourir*

la fin des réseaux sociaux ?

*Article Proposé par D.Bénistant, directeur de l’UNREP

La belle aventure aura duré dix ans. Avant 2007, nous étions déconnectés, isolés dans nos villages, amis de quelques uns, reliés à pas grand monde le temps d’une vie. Puis Facebook et Twitter ont changé la donne. Nous nous sommes parlés, d’un pays à l’autre, en petits messages puis en photos et vidéos. Nous sommes devenus bavards et curieux les uns des autres, sous le regard moqueur des sentinelles de la dignité, politiciens, médias, amis incrédules et inquiets pour notre propension à « raconter nos vies à des inconnus »…

Enfin les politiciens, les médias et les amis incrédules ont rejoint la partie, découvrant enfin leur intérêt à se connecter à l’autre. Pour finir ce sont eux qui occupent l’espace tandis que l’impulsion d’origine a disparu.

Désormais le terrain de jeu est quantifié, quadrillé, scruté et manipulé.

Il est une fenêtre sur le bruit du monde, l’écume des mots déposés sans filtre à la merci du premier visiteur unique. Vous ouvrez Twitter et vous cherchez au milieu d’une montagne d’ordures le petit caillou qui brille, en souvenir d’un temps que les moins de vingt ans ne veulent même pas connaître.

Foire d’empoigne des anti-contre, anti-chambre de l’ennui sponsorisé, Twitter et peu à peu Facebook se transforment en déversoirs de notre dépression collective, calculée par datas et par affinités

On scrolle comme on feuillette un magazine de salle d’attente, en espérant ne pas nous salir les mains. La quête d’une vidéo qui fait rire ou d’un article un peu intéressant oblige à se farcir pour la millième fois cette vidéo que vous avez déjà vue et cet article qu’on vous recommande encore. L’information est tellement vite obsolète qu’on ne prend même plus le temps de dire qu’elle est « old »; on passe, l’oeil bovin, en espérant la suite. Ce manège creuse peu à peu notre mésestime de nous. Nous savons que nous perdons du temps mais, au fond, nous n’avons peut-être rien de mieux à faire. Quand un proche nous demande ce que nous faisons, nous ne savons pas comment répondre: « je zappe sur le net… », « Je regarde Facebook… », « Je fais le tour du web… »; ce qui se conçoit bien s’énonce clairement disait l’autre.

Décrire cette situation comme je le fais ici, c’est aussi s’exposer à l’analyse vite faite bien faite des psychologues à deux balles: ceux qui savent. Ayant lu votre statut en quelques secondes, entre la vidéo d’un russe qui se suspend du haut d’une grue et d’une famille de canetons qui traverse l’autoroute, il sait cependant, le Freud de pacotille, que si vous dites ça c’est parce que ça, et que ça s’explique car ça et ça et t’avais dit ça, et ta gueule.

Soudain vous ne savez plus pourquoi vous êtes là, pourquoi vous parlez et pourquoi ça vous énerve.

Vous fermez l’ordinateur ou le smartphone, jusqu’à la prochaine fois. Je ne suis pas le seul à régulièrement exprimer ce malaise, et j’en connais parmi mes amis qui le répètent, visionnaires, depuis le premier jour. Cela fait des mois que j’observe le manège rouiller et ralentir, sans commentaire, tranquille. J’ai supprimé mes 31.500 tweets pour commencer à faire le ménage, et ce n’est pas fini.

Dans le même temps j’observe mes enfants, 16 et 14 ans, et l’usage qu’ils en font. Photos et vidéos en masse. Consommateurs de contenus Youtube, Instagram, ils ne perdent pas de temps à convaincre des inconnus ou échanger des portions d’idées. Ils se gavent d’images et communiquent avec leurs communautés, soit leurs amis de la vie réelle, soit leurs amis affinitaires sur tel ou tel sujet, mangas, musique, cinéma, etc. Pas d’expression d’idées personnelles longuement développées comme celles de leur père, pas de clashs sur Mélenchon ou Trump. Ils pianotent plus vite que leur ombre pour se photographier et se dire qu’ils existent, en groupe, s’envoient des photos trafiquées qui durent le temps d’un rire, organisent la soirée de demain en commentant celle d’hier, créent des liens d’une force qui surpassent en quantité tous les échanges que nous vivions étant jeunes; je dis bien en quantité.

Pour la qualité, nous verrons dans vingt ans ce qu’ils diront à leurs psys (de toutes façons ce sera de notre faute). Ils disposent d’une plateforme de vie en groupe, accélérant les histoires d’amour, début, milieu, fin, multipliant les « potes » dans un monde aux possibilités multipliées. Ils sont moins cons qu’ils en ont l’air, ils ont compris les règles. Pas dupes, amusés, ils sont moins inquiets que nous.

Notre « arrête les écrans » a la même portée que le « arrête la télé » de notre enfance.

Ils s’enferment aux toilettes prétextant des gastros pour continuer à discuter sur Snap’ et gagner des flammes (ouais), preuves de leur assiduité à être dans le flow. Pour eux c’est ça le monde; notre vision vintage est nulle et non avenue.

Voilà comment je vois la suite, je suis prêt à prendre les paris

Rendus hyperconnectés, pouvant communiquer avec tout le monde dans un monde devenu plateforme (les murs, les frigos, les voitures, les miroirs, les canapés, les slips, tout sera connecté), nous n’aurons plus envie de communiquer avec tout le monde.

La pression technologique nous entourant va nous conduire à nous re-protéger, nous ré-isoler et choisir consciencieusement nos amis, comme les ados.

Nous évoluerons par communautés connectées, accessibles en un battement de cils, dilués dans une idée plus grande que nous, partageant une vision du monde qui nous fait du bien. L’agora, l’arène, la foire d’empoigne, seront isolées dans un coin pour belliqueux agressifs, entre slogans publicitaires, fake news et auto-promo. Ces espaces dédiés au dégueuli de l’âme humaine seront comme des salles de shoot pour frustrés du verbe haut. Ailleurs se joueront les vraies relations, en ligne ou dans un parc.

Nous allons progressivement reprendre une vie normale, après avoir découvert que nous sommes tous des blaireaux et qu’il n’était pas très malin de nous filer des outils pour le démontrer publiquement. Les réseaux dits « sociaux » vont s’émousser doucement pour ne garder que la partie réseaux. Pour le social on repassera, chacun se regroupant derrière une tendre et calme vision de l’amitié.

« jeudi, ce que je veux »

Marie Christine LEFEBVRE Rédac Chef Blog Amifor

Tous les jeudis,  à partir d’aujourd’hui un billet d’humeur ouvrira ce blog…

Pourquoi le jeudi ? Tout d’abord parce qu’il y a tout dans ce mot : le jeu, le je, le  dit, le non dit… tous les ingrédients d’un bon billet. Sujet d’humeur donc, léger ou sévère, il permettra à l’un de vous, enseignant, formateur, élève, salarié, psychologue, mère de famille, mamie, de vous exprimer  autour de l’école, l’enseignement, l’éducation, l’orientation, la jeunesse, l’avenir, les lois, les profs, les souvenirs…Lettre ouverte donc, espace d’écriture. Seule obligation, la longueur du billet, pas plus de 10 lignes comme ce premier article. Amusant, plaisant et non anonyme, ici on s’engage, on affirme, on s’oppose, on raconte, on amuse mais on assume. Donc… une signature, une photo si vous le désirez, le tout à envoyer à la Redac’chef avant le mardi soir, histoire de revoir, de relire, de choisir. De toute façon elle vous répondra. A vos plumes numériques !