« L’angle mort de l’éducation nationale, c’est le cerveau des enfants, or c’est l’organe de l’apprentissage, de la réflexion, du bien être

Les neurosciences, marotte du ministre de l’Education, une piste pour apprendre mieux ?  Les neurosciences sont régulièrement mises en avant par le ministre de l’Education. Peuvent-elles améliorer les pratiques enseignantes et faciliter l’apprentissage des élèves ? Oui, à condition de ne pas occulter d’autres champs de recherche, estiment des spécialistes.

Jean-Michel Blanquer s’est à de nombreuses reprises prononcé en leur faveur pour modifier les méthodes d’enseignement ou les programmes. Il les a par exemple mentionnées lorsqu’il a préconisé la méthode de lecture dite « syllabique« , ou la maîtrise des quatre opérations au CP et au CE1. « Comme le démontrent les travaux de recherche en sciences cognitives, sur lesquels on doit s’appuyer, la plasticité du cerveau est particulièrement forte dans les premières années de la vie, beaucoup moins ensuite« , déclarait-il récemment.
« L’angle mort de l’éducation nationale, c’est le cerveau des enfants, or c’est l’organe de l’apprentissage, de la réflexion, du bien être. D’ici dix ans, tout le monde l’aura compris« , prédit Olivier Houdé, qui dirige la chaire Sorbonne Neuroéducation & Créativité

Selon lui, la grande nouveauté fut l’apparition à la fin du XXe siècle des technologies d’imagerie cérébrale (IRM), qui permettent de comprendre ce qui se passe dans le cerveau qui apprend.
Par exemple, devant deux rangées de jetons de même nombre mais plus ou moins écartés dans chaque rangée, l’enfant avant sept ans considère qu’il y a « plus de jetons là où c’est plus long« . « L’IRM a montré que le cerveau de l’enfant, par automatisme, croit que la longueur est égale au nombre« , explique M. Houdé, qui l’utilise dans le laboratoire du CNRS qu’il dirige à la Sorbonne. Mais l’IRM « a pu aussi tester des interventions pédagogiques ciblées qui provoquent le changement lui permettant de compter correctement« , poursuit-il.

– Intuitions dès le plus jeune âge – 

Autres enseignements des neurosciences: les enfants ont, très jeunes, des intuitions arithmétiques et de grandes capacités pour apprendre plusieurs langues; la sieste et le sommeil favorisent les apprentissages; le travail en petits groupes est plus motivant pour les élèves…

Le chercheur plaide aujourd’hui pour placer les neurosciences au coeur de l’école en les intégrant à la formation des professeurs. « Mais il faut éclairer leurs choix pédagogiques, plutôt que de leur imposer une méthode« , dit-il, assurant que son équipe « aidera le nouveau ministre à le faire« .
Ainsi, selon lui, « la connaissance des mécanismes cérébraux n’enlève en rien la nécessité de connaître« , pour un enseignant, « des éléments sur le milieu ou la culture d’origine d’un élève« .

Surtout, les « neurosciences ne peuvent pas dicter la pédagogie, elles peuvent l’éclairer, aider à débloquer parfois des situations. Mais ce ne sont pas elles qui donneront à l’enfant des raisons d’apprendre« , insiste le chercheur. 

Extraits d’une ITV de l’Express

La pédagogie agile… ça marche

Pour ma part, lors de l’animation pédagogique du cours Atelier de production communication »entreprise école » à l’AIFCC Caen, j’ai utilisé le Kanban qui a permis aux élèves de gagner en efficacité et aux encadrants de gagner en visibilité sur l’avancement du projet et sa régulation.

MC LEFEBVRE

La pédagogie Agile par Christian Den Hartigh

présentée au Club Agile de Caen

Même une semaine après la conférence donnée par Christian sur la pédagogie agile qu’il a mise en place dans son collège, l’effet wouah !!! est encore là. Quelle prouesse de créativité, de dévouement, d’engagement personnel, de bienveillance, de surprises… Je ne sais pas par où commencer mais je vais essayer de vous faire un résumé…

Alors voilà, Christian est prof de Français en collège, et c’est pas facile ! Pourquoi ?
Il a juste évoqué qu’il enseigne dans une zone d’éducation prioritaire, mais cela veut dire qu’en somme, 80% de ses élèves se demande pourquoi ils viennent en cours…

Il a commencé par évoquer ses contraintes, auxquelles tout enseignant doit faire face et essentiellement centrées sur le temps :
–  Il a 130 heures pour boucler un programme qui requiert plus de 130 heures

  • Pendant son cours son heure de cours, il a en fait 1 heure -5 min d’installation, -5 à -15 min pour faire en sorte que ses élèves aient envie de l’écouter, -5 min à la fin du cours car ils en ont déjà marre… je vous laisse faire le compte, s’il a en réalité 30 min pour faire passer l’information, c’est déjà bien !
  • Dans ce contexte, l’élève a peu de temps pour s’exprimer individuellement dans la classe. Si le prof parle 5 minutes (ce qui est trop peu), l’élève dispose de 2 minutes, mais en réalité, il n’a pas plus de 20 secondes pour s’exprimer et interagir, donc pour se planter et apprendre… (ah… attention les agilistes, on commence à voir arriver des valeurs familières 😉
  • il a également fait des constats :
    • il a une classe dans laquelle tous ses élèves ont plus ou mois le même âge
    • il a environ 25 élèves par classe
    • il y a une grande hétérogénéité culturelle et cognitive dans sa classe
    • il y a le hasard : les élèves n’ont pas choisi d’être ressemblés, d’avoir tel ou tel prof etc.
    • pour chaque élève, il ne représente, lui, professeur de français, que 1/10e du corps enseignant, c’est peu !

Et finalement que face à tout cela… il est seul face à ses problèmes !Alors il a commencé par se dire que ces constats qui peuvent être pris comme des contraintes, peuvent aussi être considérés comme des forces, et il a donc essayé de transformer les faiblesses en forces.

Mais cet enseignant est un petit génie, si si, vous verrez pourquoi après… Il a cherché et cherché encore : que dit-on en biologie, physique, mathématique, que fait-on en maternelle, que dit-on dans les conférences de Massy, dans les écoles Palo Alto ?

ta ta !!

Paul Watzlawick : « Le problème est la solution. » « Ajouter une solution à un problème, c’est rajouter du problème au problème! »
Ouai, c’est facile ça, mais on fait comment alors ?

Revenons à l’objectif : chaque élève doit pouvoir apprendre à partir de là où il se trouve.
Christian est donc revenu à l’origine : la cellule biologique eucaryote !
Ok, vous pensez que ça n’aide pas vraiment pour apprendre le français mais attendez, ça arrive…

Revenons à l’élève et à certains faits à connaître:
Son cerveau est en développement. En fait, les sciences neuronales nous apprennent que, chez un être en développement, jusqu’à 10 ans, c’est la partie limbique du cerveau qui fonctionne essentiellement soit : les émotions. La partie cognitive, le cortex préfrontal, qui contient la logique, le raisonnement, le calcul, la projection dans le temps, etc. se construit entre 10 et 25 ans.
Ses élèves de 5ème se situent donc tout de suite dans une hiérarchie de groupe : qui dans la classe est le meilleur, comment « je » me positionne dans ce groupe et « si je me trompe, tout le monde va se moquer de moi ». L’élève a besoin d’être rassuré : sur son niveau et par rapport à la hiérarchie du groupe.

Petit détour par les lois de la thermodynamique, et là c’est le pompon ! J’ai beau avoir fait de la physique jusqu’à B+2, quand-même… et ben comment dire… le prof de français qui est là devant nous, il nous parle de la cellule biologie, du noyau, des émotions, du cortex préfrontal et pof, comme ça il passe par les deux premières lois de la thermodynamique! Bref…

Donc voilà : il ne faut pas raisonner en système fermé (l’élève tout seul dans sa tête!) mais en système ouvert, en interaction avec les autres (c’est un peu simplifié, d’accord ?!). Les élèves qui ne communiquent pas, qui sont renfermés et ne reçoivent pas l’information transmise par le professeur doivent être amenés à communiquer avec les autres élèves, et en particulier ceux qui communiquent mieux et sont plus à l’aise dans la réception et l’émission des informations.

Etape essentielle : neutraliser l’enfant… je vous vois imaginer notre prof de français en ceinture noire plaquant le pauvre enfant au sol…
Quelques explications s’imposent : l’enfant perçoit par l’émotion en premier. Celles-là même qui le mettent directement dans une structure hiérarchique, le font se sentir dominant ou dominé par les autres. L’objectif est de neutraliser ces émotions pour faire fonctionner l’Elève, donc l’apprenant, pour nourrir ce cerveau « préfrontal » en développement. Cela pour déclencher un Travail (le protocole pédagogique) en vue de transmettre l’information au bon endroit : Hourra, j’ai compris, super cette technique !

Il neutralise donc l’enfant utilisant des autorisations plutôt que des contraintes (oui, tu peux manger (sauf hamburgers et kebabs!), boire (sauf sodas), te déplacer dans la classe…si tu as besoin d’un support pédagogique (manuel scolaire, Bescherelle, etc.).
Il ne donne pas de punition, mais au contraire donne une grande liberté à ses élèves et oriente tout vers l’élève : le cerveau qui doit apprendre.

Je vous vois venir avec « oui oui, d’accord on a fait mai 68, le « tout est permis », on a testé !! »… Mais non, tout n’est pas rose, parce qu’il peut se mettre en colère notre gentil prof de français…

Parce qu’il est égoïste, il s’est rendu compte que ses anciens élèves, il les revoit partout : garagiste, soignant en maison de retraite, au volant d’une voiture, commerçant, etc. Et il se dit que quand ils feront leur boulot quand ils sont grands, ce serait bien qu’ils le fassent bien ! Donc il faut leur donner dès le début, à l’école, les bons réflexes : autonomie, conscience professionnelle, etc. Chacun a besoin d’être valorisé… et pour la vie. En fait, ce prof de français se dit qu’il doit être égoïste (en pensant à lui plus tard, face à ces futurs adultes), et finalement faire preuve d’un grand altruisme en pensant à ces élèves.

Retour à la thermodynamique (décidément…) : gardons un oeil sur le fait qu’on doit optimiser le temps de classe et augmenter le temps d’apprentissage, il faut apprendre à accepter ses erreurs, être mis en confiance…. l’agilité s’installe !

Et de nous parler du Lean management :
Le management, c’est de la pédagogie pour adultes.
La pédagogie, c’est du management des enfants.
Finalement, le management et la pédagogie ont le même but : organiser l’information.
Belle démonstration, je prends !

Le Lean vise à supprimer le superflu, tout ce qui ne sert pas le but final… Il faut donc revenir aux sciences du vivant et à l’essentiel : l’élève est là pour apprendre et l’enseignant pour lui faire passer une information.

La communication, c’est la génération successive de toutes ces étapes, sans début, sans fin, en cycle permanent :

Alors voilà tout ce qu’il a fait :
Nous montrant une photo de la salle de classe, nous avons vu un tas de choses que nous n’avons pas comprises : il y a une frise, un calendrier, un totem… Ce sont en fait de très bonnes idées qu’il a testées et qui fonctionnement !

Quelques exemples dont certains s’inspirant de l’école Palo Alto :

  • Une frise pour représenter les périodes de cours de l’année avec les étapes d’examens => les élèves se situent dans l’année scolaire.
  • Des symboles aléatoires sur les papiers pour déclencher une question : « M’sieur, c’est quoi ça ? » et de répondre « à ton avis, fais des hypothèses, cherche » => générer une réflexion, accepter de faire des erreurs, apprendre de ses échecs…
  • il a tout retourné dans sa classe, pardon : réorganisé son espace pédagogique ! Des tables au centre de la salle avec des livres de cours, des supports pédagogiques, des Bescherelle, des post-its (indispensable pour un agiliste!) et autour, les tables en cercle. Donc tous les élèves sont au premier rang, et lui au milieu, avec un petit bout de table pour poser son cartable dans un coin. Selon les exercices, les élèves travaillent en individuel, en groupe, en binôme, bref, ils sont en interaction quasi-permanente au sein d’un groupe d’une dimension variable => le temps de parole de chacun augmente donc grandement
  • Il utilise les posts-its pour certaines applications.
  • Il met un ou plusieurs smileys (joyeux) sur chaque feuille d’exercice indiquant si c’est un travail seul ou à deux ou en groupe. Et les élèves doivent le recopier, chacun à sa manière => expression de soi, création…
  • Il a écrit sur une feuille en TRES GROS : « sois cool et prend des risques »
  • Des « papiers de colère » sont à disposition, avec le texte :

Papier de colère
En cas de crise, froisser violemment et jeter dans un coin.
Ne pas abuser sans avis médical »
Une sensation + une émotion = un sentiment.
L’émotion est ponctuelle (joie, peur…), le sentiment est durable.

Il vise donc à laisser s’exprimer les émotions et surtout à les reconnaître, c’est aussi une partie de son métier : colère, joie, surprise, tristesse, dégoût, peur), mais leur apprend à ne pas laisser le sentiment s’installer.

  • Il a construit des totem, accrochés au mur, sur lequel chacun écrit sur un papier :
    •     1- ce qu’il souhaite pendant l’année scolaire pour lui-même.
    •     2- ce qu’il souhaite pour sa famille, ses amis, ses proches.
    •     3- ce qu’il souhaite pour sa classe.

Tous ces papiers sont positionnés dans une forme choisie par la classe, personne ne lit ce qui est écrit sur les papiers, c’est INTERDIT, c’est une règle absolue qu’il respecte et fait respecter, sans concession! Car c’est le principe du totem, sinon, le principe est rompu. Et celui-ci est détruit à la fin de l’année. Cela marque la fin d’un cycle, d’échanges, d’une collaboration, l’année suivante sera une nouvelle année.

  • – la double molécule, utilisée pour matérialiser des concepts et des questions clés pour l’analyse ou la création d’un récit, que voici :
  • Le principe de l’abeille : un élève par groupe dispose de 1 min chrono pour aller voir ce que font les autres groupes pour chercher de nouvelles infos pour aider son groupe. Personnellement, j’adore ce principe.

En conclusion, il n’est plus vraiment enseignant mais plutôt aidant… il passe de table en table pour observer et se nourrir, il observe les éléments sur lesquels les élèves buttent et planifie un rappel théorique au cours suivant… Il observe avec quelle rapidité ils trouvent une information d’eux-mêmes ou en groupe, comment ils se plantent… et apprennent.

Une philosophie qui me plaît : l’enseignant ne donne pas la solution au groupe mais lui donne l’énergie nécessaire pour trouver la solution par lui-même.

L’importance de conserver ces trois entités.

Source : Nancy Carlson Page.

Commentant les 4 valeurs du manifeste Agile :

  • Les individus et leurs individus plus que les processus et les outils.
  • Des créations opérationnelles plus que des connaissances exhaustives.
  • La collaboration médiateur/apprenant plus que la transmission verticale.
  • L’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan.

Il nous fait d’ailleurs observer que ces 4 valeurs agiles sont des préférences et non des rejets : on ne détruit pas mais on améliore la première partie… et puis, remarque très intéressante : ce qu’il faut conserver mais réduire, c’est la partie statique, et ce qu’il faut augmenter, c’est la partie dynamique. Il faut donc être dans le développement plus que dans la destruction ou le remplacement.

Il différencie donc le travail fait (note du devoir) de l’énergie mise par l’élève : elle toujours de 20/20 car c’est le cerveau qui se construit !

Et puis quelques observations :

Il ne faut quand-même pas trop s’éloigner de la culture de son établissement car cela crée trop d’interrogations et des scissions et… il faut conserver les liens…

Remarquant aussi que « on n’a jamais l’approbation de tous »…

Avec un peu de nostalgie de ne pouvoir en faire plus pour ses élèves, nous nous quittons après cette conférence qui a déjà largement dépassé le temps prévu mais qui … était trop courte !!!

Avec plein d’étoiles dans les yeux, car, comme l’a fait remarqué un des participants : « on aurait tous voulu avoir un prof comme ça

un jour »…

J’allais oublier la tradition, ça, c’était notre réseau social de la soirée :

Rédaction
Loïc Rabault (Zen Conseil)
Relecture
Emilie André (Parlons Press)résenté

 

JEUDI CE QUE JE VEUX :  » Bonjour les nouveaux « 

Une nouvelle promotion, une nouvelle aventure humaine !

Ce matin, je vais accueillir une nouvelle promotion BTS communication /chargé de communication dans l’école où je suis formatrice et référente. (Aifcc/Caen)

 

Ce moment d’accueil,  de présentation de soi, de l’année, de découverte de multiples profils étudiants plein d’espoirs, de rêves, de questions est privilégié.

 

Un temps à ne , ni bricoler, ni trop vite expédier. Mise en confiance, rappel des règles, empathie et un brin de charisme et d’autorité permettent de mieux s’approprier le groupe et de l’entraîner vers une aventure humaine de 18 mois.

 

Chers collègues enseignants, formateurs, rappelons nous avant de pousser la porte de cette nouvelle promotion,… du meilleur prof qu’on ai jamais eu…, celui qui vous a passionné, donner envie d’être qui vous êtes, celui pour qui vous essayez de faire bien, celui auquel vos oreilles s’accrochaient. Il était certainement un merveilleux dosage d’intelligence humaine et de passion. Et glissez vous dans sa peau…

 

Bon jeudi à tous

Votre Rédac’chef


 

Le projet Perche Digital Senior

500 personnes âgées, trois ans

Porté par l’établissement scolaire nogentais « lycée Nermont », en partenariat avec le Pôle d’équilibre territorial du Perche et le Conseil départemental, ce projet d’inclusion numérique dispensé par des lycéens bénévoles propose une pédagogie aux usages numériques et une formation à 500 personnes âgées.
« Un projet innovant qui replace les besoins des seniors au centre de la question numérique, explique Xavier Marin, directeur du lycée Nermont qui possède également une antenne à Châteaudun. C’est un projet intergénérationnel où jeunes et seniors avancent ensemble vers la découverte du numérique ».

Senior 2.0

En tout, il y aura quarante groupes de 12 à 13 personnes pendant trois ans. Un initiateur sera présent ainsi que quatre élèves dans chaque commune. Objets connectés et e-santé, mon monde numérique ou passeurs d’usages, autant de thèmes développés dans les initiations.

L’un des seniors participant à l’opération se dit satisfait par le projet. « A 80 ans, c’est un grand bond en avant que je fais. Avec ma femme, nous partons de zéro. Nous ne regrettons simplement de ne pas avoir commencé plus tôt ». Seniors 2.0 alors ? « De là à dire que je vais faire ma déclaration fiscale sur Internet, c’est un grand mot ».

 

 

JEUDI CE QUE JE VEUX : Un cerveau d’enfer !

Il était temps que je l’achète ! car bientôt il ne sera plus en kiosque. Le hors série Le figaro santé de juillet/aout/septembre est une petite merveille de nouvelles connaissances sur notre cerveau. Quoique, je dis « nouvelles » mais en fait, ce que l’on découvre au fil des pages , pour certaines des affirmations, sont de vieilles intuitions qu’on ne met pas assez souvent en application. Donc un hors série qui se lit d’un jet, des articles courts, bien écrits, donnant des réponses à nos interrogations et qui surtout réaffirment  que pour conjuguer apprentissage réussi et cerveau bien huilé les pratiques suivantes sont plus que conseillées :

pratique d’un sport régulier et même intensif,
musique pratiquée ensemble (chorale pour les enfants)
…et méditation (très sérieuse expérience menée par quelques classes primaires françaises et qui fait des émules en Grande Bretagne et aux Etats Unis).

Précipitez vous dans une maison de la presse, il ne vous reste plus que 2 jours pour vous procurer ce petit bijou !

Le Figaro Santé : prendre soin de son cerveau (juillet/aout/septembre 2017)

Votre Rédac’chef

Au fait, prenez la parole, écrivez nous ! contact@amifor.fr

 

 

Survie on mars : la classe inversée en mission sur Mars

« C’est un projet qui a plus d’un an et qui a démarré au CLIC 2016 grâce à l’inspiration de Sébastien Franc et son jeu « Flanders Lane » qui consiste à réaliser une ville virtuelle dans laquelle les élèves doivent interagir« , explique Grégory.

Mélanie et Grégory ont donc adapté ce contexte-là avec un niveau scientifique et une action qui se déroule entièrement sur la planète Mars.Ces trois enseignants pratiquent la « classe inversée » et sont membres de l’association Inversons la classe !
Découvrez cette fantastique expérience de nouvelle pédagogie en classe dans la vidéo ci-contre.

Plus d’infos :
la page Facebook : www.facebook.com/SurviveonMars
Le compte Twitter : twitter.com/survive_on_mars

 

Les réseaux sociaux sont en train de mourir*

la fin des réseaux sociaux ?

*Article Proposé par D.Bénistant, directeur de l’UNREP

La belle aventure aura duré dix ans. Avant 2007, nous étions déconnectés, isolés dans nos villages, amis de quelques uns, reliés à pas grand monde le temps d’une vie. Puis Facebook et Twitter ont changé la donne. Nous nous sommes parlés, d’un pays à l’autre, en petits messages puis en photos et vidéos. Nous sommes devenus bavards et curieux les uns des autres, sous le regard moqueur des sentinelles de la dignité, politiciens, médias, amis incrédules et inquiets pour notre propension à « raconter nos vies à des inconnus »…

Enfin les politiciens, les médias et les amis incrédules ont rejoint la partie, découvrant enfin leur intérêt à se connecter à l’autre. Pour finir ce sont eux qui occupent l’espace tandis que l’impulsion d’origine a disparu.

Désormais le terrain de jeu est quantifié, quadrillé, scruté et manipulé.

Il est une fenêtre sur le bruit du monde, l’écume des mots déposés sans filtre à la merci du premier visiteur unique. Vous ouvrez Twitter et vous cherchez au milieu d’une montagne d’ordures le petit caillou qui brille, en souvenir d’un temps que les moins de vingt ans ne veulent même pas connaître.

Foire d’empoigne des anti-contre, anti-chambre de l’ennui sponsorisé, Twitter et peu à peu Facebook se transforment en déversoirs de notre dépression collective, calculée par datas et par affinités

On scrolle comme on feuillette un magazine de salle d’attente, en espérant ne pas nous salir les mains. La quête d’une vidéo qui fait rire ou d’un article un peu intéressant oblige à se farcir pour la millième fois cette vidéo que vous avez déjà vue et cet article qu’on vous recommande encore. L’information est tellement vite obsolète qu’on ne prend même plus le temps de dire qu’elle est « old »; on passe, l’oeil bovin, en espérant la suite. Ce manège creuse peu à peu notre mésestime de nous. Nous savons que nous perdons du temps mais, au fond, nous n’avons peut-être rien de mieux à faire. Quand un proche nous demande ce que nous faisons, nous ne savons pas comment répondre: « je zappe sur le net… », « Je regarde Facebook… », « Je fais le tour du web… »; ce qui se conçoit bien s’énonce clairement disait l’autre.

Décrire cette situation comme je le fais ici, c’est aussi s’exposer à l’analyse vite faite bien faite des psychologues à deux balles: ceux qui savent. Ayant lu votre statut en quelques secondes, entre la vidéo d’un russe qui se suspend du haut d’une grue et d’une famille de canetons qui traverse l’autoroute, il sait cependant, le Freud de pacotille, que si vous dites ça c’est parce que ça, et que ça s’explique car ça et ça et t’avais dit ça, et ta gueule.

Soudain vous ne savez plus pourquoi vous êtes là, pourquoi vous parlez et pourquoi ça vous énerve.

Vous fermez l’ordinateur ou le smartphone, jusqu’à la prochaine fois. Je ne suis pas le seul à régulièrement exprimer ce malaise, et j’en connais parmi mes amis qui le répètent, visionnaires, depuis le premier jour. Cela fait des mois que j’observe le manège rouiller et ralentir, sans commentaire, tranquille. J’ai supprimé mes 31.500 tweets pour commencer à faire le ménage, et ce n’est pas fini.

Dans le même temps j’observe mes enfants, 16 et 14 ans, et l’usage qu’ils en font. Photos et vidéos en masse. Consommateurs de contenus Youtube, Instagram, ils ne perdent pas de temps à convaincre des inconnus ou échanger des portions d’idées. Ils se gavent d’images et communiquent avec leurs communautés, soit leurs amis de la vie réelle, soit leurs amis affinitaires sur tel ou tel sujet, mangas, musique, cinéma, etc. Pas d’expression d’idées personnelles longuement développées comme celles de leur père, pas de clashs sur Mélenchon ou Trump. Ils pianotent plus vite que leur ombre pour se photographier et se dire qu’ils existent, en groupe, s’envoient des photos trafiquées qui durent le temps d’un rire, organisent la soirée de demain en commentant celle d’hier, créent des liens d’une force qui surpassent en quantité tous les échanges que nous vivions étant jeunes; je dis bien en quantité.

Pour la qualité, nous verrons dans vingt ans ce qu’ils diront à leurs psys (de toutes façons ce sera de notre faute). Ils disposent d’une plateforme de vie en groupe, accélérant les histoires d’amour, début, milieu, fin, multipliant les « potes » dans un monde aux possibilités multipliées. Ils sont moins cons qu’ils en ont l’air, ils ont compris les règles. Pas dupes, amusés, ils sont moins inquiets que nous.

Notre « arrête les écrans » a la même portée que le « arrête la télé » de notre enfance.

Ils s’enferment aux toilettes prétextant des gastros pour continuer à discuter sur Snap’ et gagner des flammes (ouais), preuves de leur assiduité à être dans le flow. Pour eux c’est ça le monde; notre vision vintage est nulle et non avenue.

Voilà comment je vois la suite, je suis prêt à prendre les paris

Rendus hyperconnectés, pouvant communiquer avec tout le monde dans un monde devenu plateforme (les murs, les frigos, les voitures, les miroirs, les canapés, les slips, tout sera connecté), nous n’aurons plus envie de communiquer avec tout le monde.

La pression technologique nous entourant va nous conduire à nous re-protéger, nous ré-isoler et choisir consciencieusement nos amis, comme les ados.

Nous évoluerons par communautés connectées, accessibles en un battement de cils, dilués dans une idée plus grande que nous, partageant une vision du monde qui nous fait du bien. L’agora, l’arène, la foire d’empoigne, seront isolées dans un coin pour belliqueux agressifs, entre slogans publicitaires, fake news et auto-promo. Ces espaces dédiés au dégueuli de l’âme humaine seront comme des salles de shoot pour frustrés du verbe haut. Ailleurs se joueront les vraies relations, en ligne ou dans un parc.

Nous allons progressivement reprendre une vie normale, après avoir découvert que nous sommes tous des blaireaux et qu’il n’était pas très malin de nous filer des outils pour le démontrer publiquement. Les réseaux dits « sociaux » vont s’émousser doucement pour ne garder que la partie réseaux. Pour le social on repassera, chacun se regroupant derrière une tendre et calme vision de l’amitié.

Graines d’entrepreneurs : les outils pédagogiques

Un programme sur 10 jours avec des coachs formés

Une dizaine d’établissements ont adopté le programme Graines d’Entrepreneurs pour les élèves de 11 à 18 ans, développé au Parc de l’Innovation de l’EPFL.

Est-ce qu’un Steve Jobs, le mythique patron d’Apple qui a mis la marque à la pomme sur orbite, ou un Elon Musk, l’Américain qui a lancé la Tesla et les fusées SpaceX, sommeille en chaque enfant? Probablement pas. Toutefois, Laurence Halifi, la fondatrice du programme Graines d’Entrepreneurs, elle-même administratrice d’une société vaudoise, est convaincue que chacun peut développer un esprit d’entreprendre et l’envie d’innover afin de monter un projet.

Fondé il y a deux ans par Laurence Halifi et Nadine Reichenthal, qui a travaillé à des postes élevés dans des multinationales et qui enseigne l’entrepreneuriat dans des hautes écoles comme la HEC et l’EPFL, ce programme d’entrepreneuriat et d’innovation pour écoliers de 11 à 18 ans prend de l’envergure. Aujourd’hui, plus d’une dizaine d’établissements, principalement romands, l’ont intégré dans leur cursus, soit dans des cours intégrés, soit en ateliers extrascolaires afin de préparer les écoliers et les étudiants aux métiers de demain.

Dans le programme scolaire

Fin août, une journée d’initiation aux Innov-Entrepreneurs – c’est le nom du programme pour les non-francophones – était organisée dans le canton de Berne sous la houlette du Conseil d’Etat. Une autre est prévue à la prochaine Foire du Valais et il existe aussi des stages de vacances. Mais dans les cantons de Vaud et de Genève, certains établissements vont déjà beaucoup plus loin en intégrant le programme dans le cadre des cours obligatoires, donc destinés à tous leurs élèves. A l’instar de l’Institut international de Lancy (GE), le Lycée français Rodolphe Töpffer à Genève et l’Ecole La Garanderie à Lausanne où il se déroule tous les vendredis.

Avec ce programme, on n’enseigne pas l’esprit d’entreprise, tient à préciser Laurence Halifi, mais «l’esprit d’entreprendre. C’est créer, prendre les choses en main. Car on n’entreprend pas pour devenir riche, dit-elle, mais pour devenir soi.» Elle en a fait l’expérience en tant que formatrice avec des enfants pas forcément armés a priori pour atteindre une stature de futur patron. Ils ont été capables de se muer en entrepreneur en herbe. «On n’est pas là pour créer la dixième casquette design mais un vrai projet afin d’améliorer la vie des gens», remarque la fondatrice de Graines d’Entrepreneurs.

Le programme est modulable en nombre d’heures (1 h ou 1 h 30 hebdomadaire en général) et dans sa fréquence, mais il est toujours organisé en trois parties. Première phase, les élèves s’interrogent sur l’innovation de leur projet: «Quoi ? Pourquoi je le fais? Pour qui?» Ensuite, coachés par des entrepreneurs, ils se mettront dans leur peau pour identifier les problèmes à affronter avant de définir les solutions innovantes et d’élaborer le projet avant d’effectuer les tests. Enfin, les jeunes sont en devoir de définir un business model – ou comment faire pour que l’entreprise soit durable tout en gagnant sa vie – et de le présenter aux autres sous forme de pitch. On imagine le p’tit génie dans les sciences, timoré lorsqu’il s’agit de s’exprimer devant les autres pour «vendre » son projet. Eh bien pas du tout, assure Laurence Halifi: «C’est tout l’intérêt de le faire à cet âge. On a encore un impact sur la construction de l’enfant. Il n’a pas le même frein que l’adulte.»

Elle décrit une autre étape que les élèves adorent: les sondages devant les commerces où ils interpellent les adultes pour voir si leur idée correspond vraiment à un besoin. Elle souligne que ce sont des compétences qui sont préconisées par le Plan d’études romand (PER), mais aussi par les instances européennes. Le coût du programme est pris en charge par les communes ou des établissements privés. Pour se faire une idée: organisé en ateliers extra-scolaires, un trimestre coûte 300 à 350 francs par enfant.

Idée née à l’UNIL

Cette maman de deux filles avait lancé Graines d’Entrepreneurs au Collège Champittet à Pully, où l’une manquait d’entrain en se posant la question du sens de ce qu’elle apprenait. Ce programme repose sur les outils pédagogiques développés par Alex Osterwalder et Yves Pigneur à l’Université de Lausanne: «Value Proposition Design» et «Business Model Canvas». Un enseignement de l’entrepreneuriat qui a fait le tour du monde et rencontre un vif succès.

A relever que Graines d’Entrepreneurs, qui est à la fois une association et une société, compte maintenant 20 coachs et professeurs formés par ses soins, plus trois personnes à la direction et à l’administration. Installé dans le Parc de l’Innovation de l’EPFL, le programme a intégré il y a peu le Swiss EdTECH Collider, le pôle européen pour les nouvelles technologies de l’éducation de l’EPFL, et il commence à trouver un écho international, notamment en France. (TDG)

Après le cancer, un cartable pour retourner en classe

Grâce aux progrès considérables réalisés ces dernières décennies, 80% des enfants souffrant de cancers gué

rissent dans les 5 ans suivant le diagnostic. Mais parfois le retour à la vie scolaire peut être problématique. Il leur est notamment difficile d’expliquer leur situation à leurs camarades, à leurs enseignants. Pour les y aider, Gustave Roussy et l’association Les Amis de Mikhy ont développé des outils pédagogiques réunis dans un cartable. 

A l’occasion de Septembre en Or, mois de mobilisation contre le cancer de l’enfant, Les Amis de Mikhy et Gustave Roussy* ont développé des outils pédagogiques pour aider les enfants atteints de cancer à vivre le mieux possible leur retour en classe.

« Le retour à l’école peut être anxiogène et très compliqué pour ces enfants obligés de manquer la classe à cause de la maladie et des traitements », souligne Dr Clémentine Lopez, pédopsychiatre dans le Département Interdisciplinaire de Soins de Support à Gustave Roussy. « L’objectif des outils contenus dans le sac à dos est d’accompagner la reprise de l’école et d’outiller l’enfant face à d’éventuelles difficultés dans ses relations, d’apaiser les inquiétudes, de démystifier la maladie, d’expliquer son impact et de donner des pistes de réflexion pour initier les échanges. »

Des outils pédagogiques pour l’enfant et son entourage

« Le sac à dos « Ma différence, Mon histoire » donne à l’enfant, ses parents et son enseignant des outils pratiques pour faciliter ce moment de vie très particulier qu’est le retour à l’école », ajoute Nathalie Andrieux, présidente de l’association Les Amis de Mikhy. Il contient des outils pédagogiques, collectifs et individuels :

  • 30 livrets « Et si on s’parlait du Cancer ? » de l’association Les petits citoyens. S’il le souhaite, l’enfant peut remettre un livret à chacun de ses camarades de classe. En suscitant le questionnement, au travers de textes et d’illustrations, le livret permet de comprendre ce qui se cache derrière le mot cancer en répondant à leurs questions ;
  • une vidéo intitulée « L’année où j’ai eu un cancer ». Cette vidéo d’animation raconte l’histoire de Paul, un petit garçon atteint d’un cancer, qui tient un journal de bord dans lequel il décrit ses sentiments, ses émotions, à la maison, à l’hôpital, à l’école… Elle permet d’initier les échanges dans la classe ;
  • un livret pour les parents et un autre pour l’enseignant. Ces livrets leur donnent des pistes pour les aider à soutenir l’enfant dans son retour en classe. Il comporte également un guide pratique des informations et numéros de téléphone clefs pour les accompagner.

Entre septembre et décembre, 250 sacs à dos pédagogiques seront remis aux enfants pris en charge par les équipes de Gustave Roussy scolarisés en primaire et à leur famille. Le kit est en outre intégralement disponible et téléchargeable sur les sites Internet de chaque partenaire.

A noter : Chaque année en France, 1 700 nouveaux cas sont diagnostiqués chez les enfants et 800 chez les adolescents.

Source : *en partenariat avec Les petits citoyens et Chagrin Scolaire, avec le soutien institutionnel de BMS France /DestinationSante

 

JEUDI CE QUE JE VEUX : Ha ! ces Intelligences multiples, comment les nommer ?

Nos talents sont au nombre de 8

Voilà déjà plusieurs années que je donne des formations dont le sujet principal est la théorie d’Edouard Gardner, « les intelligences multiples » Et à chaque fois, le même questionnement… Il vient de moi, il vient du groupe en formation… Pourquoi utiliser ce mot « intelligences ? « Car même si Gardner nous révèle que l’intelligence est multiple, le terme est toujours empreint d’acceptation ou d’exclusion, de réussite ou d’échec : « tu es ou n’es pas intelligent ». C’est tout le contraire de ce que nous enseigne la théorie. Je profite de cette rubrique (à laquelle tous vous pouvez répondre, participez en m’envoyant un mail sur l’adresse suivante : amifor@33id.fr), pour donner quelques pistes d’appellations différentes.

On pourra dire : profils d’apprentissage, porte d’entrée des connaissances et compétences, ou tout simplement et joliment : Talent. Juste redonner également la définition exacte d’intelligence (à ne pas confondre avec compétence , culture, connaissance ) : « FACULTE A CONNAITRE, COMPRENDRE ».
Et enfin, vous souhaitez une bonne journée.. Profitez de vos talents pour mieux comprendre notre monde et une  pensée pour ces jeunes élèves, ces enseignantes encore bloqués sous les décombres d’une école à Mexico.

La Rédac’chef