Jeudi ce que je veux… Sur l’investissement

Donner du sens à l’investissement…

Plusieurs fois, lors de ces derniers jours, j’ai été confrontée au mot investissement.

J’ai donc envie ce jeudi matin d’en faire un peu plus le tour avec vous.

Le dictionnaire étymologique nous dit qu’investir c’est mettre en possession d’un bien. Bien matériel ou immatériel.

La connaissance, le savoir sont des biens. S’investir dans son travail, c’est donc se donner tous les moyens de posséder le savoir. SI on ne possède pas le savoir, on ne pourra pas le dépenser, s’en déclarer propriétaire, lui donner les fonctions que l’on désire.

Les enseignants et formateurs que je rencontre au quotidien dénoncent l’investissement insuffisant de leurs élèves. « Ils ne veulent pas s’investir…Ils sont passifs ».

Peut-on n’être que locataire du savoir ? Cela consiste alors, pour un temps donné « d’emprunter une consigne, l’appliquer et s’en détacher sans faire l’effort d’en devenir propriétaire ?

Si la génération d’élèves à laquelle nous faisons face ne sait pas s’investir, peut être sait elle mieux expérimenter. Mettons-nous dans la peau d’un d’entre eux :

« J’emprunte un savoir (ou sa consigne), je l’expérimente, j’évalue son utilité, le plaisir que j’ai eu à le manipuler et là je décide de le rendre ou d’aller vivre une autre expérience. Je finis par devenir propriétaire d’un savoir, mais c’est celui que je me suis façonné. Il est beaucoup moins théorique et fondamental. A quoi me sert-il d’ailleurs de posséder un savoir fondamental ? Internet est ma mémoire numérique. Et elle est portable, je l’emmène en tous lieux, en toute circonstance et si je dois vivre une nouvelle expérience, je vais puiser mon savoir ponctuel dans cette prothèse numérique…

Qu’en pensez vous ?

Marie-Christine Lefebvre

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